À quelques heures de l’ouverture du plus grand évènement sportif du monde, zoom sur le boss – fraîchement réélu – qui héberge la compétition sur ses terres londoniennes, Boris Jonhson. Depuis l’élection, il y a un peu plus de quatre ans, de cette star montante du parti conservateur à la tête de la ville, la décontraction et la bonne humeur, peu usitées par son prédécesseur travailliste Livingstone, sont désormais de rigueur à chacune de ses sorties. Une manière bien personnelle de gouverner, entre coups médiatiques et coups de folie, qui s’accompagne d’une manière toute aussi personnelle et fantasque de gérer ses cheveux.


Invariablement désordonnée et incontrôlable, la chevelure de Boris Johnson tranche radicalement avec son physique de rugbyman d’abord, avec son parcours tout ce qu’il y a de plus guindé ensuite. Eton, puis Oxford, “Boris” a côtoyé le beau linge, mais a laissé les bonnes manières capillaires au vestiaire, et donne une totale autonomie à sa frange. Unique en son genre, à mi-chemin entre un skateur californien et le plumage d’un poussin (probablement les cheveux les plus fins du monde), cette incongrue tignasse plaquée or est assez rapidement devenue sa marque de fabrique. Source de quolibets, comme quand David Letterman demande à M. le Maire “depuis quand se coupe-t-il les cheveux tout seul”, ses tifs lui valent également de nombreuses preuves de sympathie et peuvent se targuer d’avoir été élus “meilleure chevelure de célébrité d’Angleterre” en 2008 (désolé Noel Gallagher).

Bien conscient de l’avantage que lui confère cette touche d’originalité par rapport au classicisme de ses confrères, le Tory n’hésite pas à en jouer et refuse catégoriquement que l’on touche à un seul de ses cheveux. Il aurait bien tort si l’on en croit son père, qui nous explique même très sérieusement que ses cheveux sont en partie responsable de sa réussite politique. L’impétueux élu pérorait, en 2008, glissant dans un sourire que “[s]a coupe de cheveux est impossible à imiter, puisque c’est le produit du hasard et de la sélection naturelle”.

Rarement une toison capillaire aura autant résumé une personnalité : imprévisible et ébouriffante. Culottée aussi, comme cette punchline (devenue slogan), lâchée par l’animal politique pendant sa campagne en 2001 : “Votez pour les Tory, les seins de votre femme deviendront plus gros et vous augmenterez vos chances d’avoir un jour une Z3”. Le verbe haut donc, mais surtout une décontraction qui ne le quitte jamais, qu’il soit dans les quartiers chauds londoniens ou à la première d’un festival de danse. Volontiers populiste, cet ancien journaliste n’aime rien plus que la provoc’ et le jeu avec les médias, plus proche d’un Ricky Gervais blond que du morne Ken Livinsgtone. “Boris le bouffon” ne sort jamais sans son franc-parler, et ne recule devant aucun défi, tombant la veste dès que l’occasion se présente. Dans un paysage politique où la tiédeur et le flegme règnent en maître, ses frasques font jaser, mais finissent par le rendre plutôt rafraîchissant.

Un tempérament de feu et une chevelure ébouriffée que l’on risque de voir partout a l’occasion de ces olympiades, puisque on est prêts à parier que Boris ne va pas pouvoir s’empêcher de mouiller le maillot.









(Bonus) : cette tirade où l’intéressé explique au monde entier que “le ping-pong a en fait été inventé par les Anglais”.




JE & GD