Faut que ça brille dans le rap game. Deux grosses décennies se sont écoulées, et les règles n’ont pas changé. Les porte-étendards des ghettos aux quatre coins du globe prennent toujours un malin plaisir à consciencieusement s’approprier les marques qui habillent la classe dominante depuis des générations. Inutile de rappeler les efforts déployés par Lacoste pour se repositionner après avoir été porté au rang de sponsor officiel des cailleras de l’hexagone. Les MCs d’outre-atlantique ne dérogent pas à la règle et se sont eux aussi bardés d’enseignes de luxe. Et sans demander la permission, ces jeunes gens ont emprunté au joaillier Cartier deux paires de lunettes très chères.


Des quartiers de Detroit jusqu’à Vitry-sur-Seine, en passant par Harlem, les lunettes forgées par la maison parisienne sont nonchalamment posées en bout de nez des caïds de ce bas monde. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles sont devenues l’objet de toutes les convoitises. Une production au compte-gouttes rendant la pièce rarissime, un prix qui flirte avec celui d’une Clio sport, un sésame pour les carrés VIP des clubs hip-hop de la terre entière, autant de qualités qui font du propriétaire de ce bijou un homme envié. Il n’en fallait pas plus pour que le commerce des dites lunettes se règle à coup de gun.


Deux modèles issus de la collection “Décor C” ont les faveurs des gangs de la côte Est. Le premier présente des verres fumés rectangulaires avec pour seule monture des branches en ivoire et un pont doré. L’autre, communément appelé “Buffalo”, arbore des métaux précieux à profusion autour de verres ovales cerclés en or.


Alors qu’à l’époque le 113 les portait accoudés au bar, les égéries auto-proclamées sont désormais à chercher dans le rap US, et se nomment A$AP Rocky, Dusty Mcfly, ou encore Big Sean. Plus qu’un simple attribut tape-à-l’oeil, ces lunettes de soleil de luxe font partie intégrante de leur style, et se sont imposées comme une marque de fabrique au même titre que pouvaient l’être les Locs de leurs compatriotes basés à Los Angeles pendant les émeutes de 1992.





Since two decades, luxury brands traditionally worn by the upper classes, are the weak spot of the ghettos around the world. No need to remind you about the efforts made by Lacoste to get rid of his “french thug” image. American MCs do not make an exception. These young guys loved to borrow two expansives pieces from Cartier. The glasses designed by the parisian house are  proudly worn from Detroit’s burroughs to Harlem. Say that they became a desired piece is too weak. Slowed production, high price and a sesame to get in most VIP areas of the Hip-hop clubs worldwide : the happy fews are jealoused man. So much that some killed for a pair of one.

Two pieces from the Décor C line are in favour with gangsta rap. The first one has smoked-oblong glasses with ivory frames and a golden bridge. The other one, nick named “buffalo”, sports a lot of precious metals surrounding golden-circled-oval glasses.

The self-proclaimed muses are called A$AP Rocky, Dusty Mcfly or Big Sean. More than a snazzy thing, these luxury glasses are now part of their style and barely became a trademark, exactly like the Locs for the 92 riots in LA.




GM