Une collection printemps-été est toujours un exercice assez périlleux pour un créateur. A l’inverse de sa grande sœur hivernale, celle-ci s’étend généralement sur un nombre plus restreint de pièces.

Si certains se contentent d’allusions classiques à la saison (manches courtes, matières légères, maillots de bains), d’autres préfèrent nous emmener plus loin, dans le temps ou dans l’espace.
D’aucuns imaginent aussi des plages envahies par des cyborgs, et là on ne sait pas trop qu’en penser.


A spring/summer collection seems to be a risky exercise for a designer. Compared with winter, there are often less pieces. Some of the designers are just doing the job with few classical winks to the season : short sleeves, filmy fabrics, or swimsuits. Some others prefer taking us along further in time or space.
One of them imagined a cyborgs’ landing on beaches, and let us a little perplex.


KRIS VAN ASSCHE
Coventry, Juin 1978,


Quelques heures avant un concert des héros locaux, The Specials. Une bande de jeunes portant le pork pie hat bien vissé sur le crâne, le costume gris impeccable, et la rangers serrée, se tient prête pour le premier pogo estival.
Few hours before a gig of the local heroes The Specials. A bunch of lads wearing pork pie hats down on the head, sharp grey suit and black rangers stands ready for the first pogo of the summer.


 

ADAM KIMMEL

Santa Monica, 1992,
Une version « jugement dernier » de Point Break se noue sous nos yeux.
Les couleurs passées, les imprimés acidulés, chinés et fleuris s’accordent parfaitement aux toiles sombres savamment froissées des pantalons et costumes.
Le temps est à l’orage et la vague est meurtrière.
Putain c’est l’apocalypse et ça sent la wax !


A Last Judgment version of Point Break is setting up just in front of us. Fade colors, acid flower and chiné patterns are perfectly harmonizing with the dark and crumpled canvas of the trousers and the suits.
Storm seems so close et the wave is a slayer.
Fucking apocalyspe is coming and I can’t smell anything but wax !

 

 MOSCHINO

Memphis, 1979,
On se réveille en pleine nuit sur le parking d’une boutique-étape à la gloire d’Elvis.
Des silhouettes désincarnées du King à différentes époques de sa vie sont suspendues sur les hauts murs du magasin. L’Amérique a encore la gueule de bois après la disparition brutale de sa star à la gueule d’ange et au déhanché légendaire. Seule ombre au tableau, les panoplies sentent le plastique et le made in China malgré l’étiquette Moschino.


We wake up on the parking of an Elvis‘ shop in the middle of nowhere.
Desimbodied figures of the King are drifting around us on the high walls of the store. America is still hangover after the sudden death of its legend. We go deeper and realize that something is fishy : outfits are smelling plastic and we can see « made in China » written despite the Moschino label.
YOHJI YAMAMOTO
Afghanistan, 1929,
La croisade semblait aisée vue de Tokyo. Aujourd’hui le samouraï est perdu entre une montagne et un désert hostile. Il s’est peu à peu séparé de tous les éléments de sa parure de guerrier, hormis son sabre. Il marche néanmoins d’un pas décidé vers le combat final qui se jouera dans un concert de drapé et de lames qui s’entrechoquent.

From Tokyo, this crusade seemed easy. Today the samouraï is lost between a mountain and an hostile desert. Step by step, he abandonned all his warriors accessories except his saber. Nonetheless, his resolute allure is still leading him to the final fight, which will take place in a drapes’ and swords’ concert.
JUNYA WATANABE
Exeter, au printemps,
L’air est frais et humide à cette saison dans la campagne anglaise.
Si les garden parties sont légions, les journées sont également chargées d’activités :
jardinage, bricolage, lecture.
Les tenues sont aussi robustes et pratiques qu’amples et confortables.
Des silhouettes à mi-chemin entre des jardiniers rassurants et l’effrayant Bernie.


Spring is fresh and moisty in English country. Garden parties are legion, but the days are full of activities, too : gardening, lecture and do-it-yourself.
The outfits are as robust and handy as cumfortable.
The figures stand up the perfect mixture between comforting gardeners and the frightening Bernie