« Assez de thunes pour m’acheter 365 paires de chaussettes par an ». Voilà le modeste vœu de RSA-iste qu’on fait mon pote et moi quand on souffle les bougies de notre pauvre quatre-quarts d’anniversaire. Au bling-bling de certains qui rêveraient d’un coupé sport, ou d’une tocante bien lourde, notre souhait oppose une toute autre philosophie qui porte au firmament le concept ultime de “confort”.




Tous les matins, des millions de pauvres types comme nous se demandent pourquoi leur paire de chaussettes ressemble plus à un étui de carton qu’à une deuxième peau parfaitement douce pour nos panards. Et si se glisser dans des écrins vierges, se sentir un nouvel homme (n’ayons pas peur des mots) était le geste le plus plaisant pour le vieux garçon qui sommeille en nous ? Peu importe le moment ou la situation, la sensation s’apparente toujours à celle d’une agréable caresse quand ce bout de tissu soyeux épouse nos hideux doigts de pied.



À ce jour, seul Uniqlo, dealer nippon à prix cassés, parvient à canaliser notre addiction. Si on ajoute au prix la palette de couleurs pléthorique, véritable œuvre picturale, on comprend mieux comment l’enseigne est devenue une adresse incontournable pour les fétichistes que nous sommes. Mais soyons honnêtes, la chaussette tombée du paquet n’a pas uniquement nos faveurs pour ses vertus de bien-être, mais aussi parce qu’elle peut devenir en quelques occasions un accessoire de tout premier ordre.



Quand vient le jour fatidique du rendez-vous mensuel avec notre conseiller Pôle Emploi,
c’est toujours les mêmes gestes : d’abord la chaussette gauche, ensuite la droite, puis une gorgée d’eau-de-vie. Unies, chinées, à carreaux, on aime les porter relevées à mi-mollets, assorties à nos souliers ou à notre chemise, pour arriver devant notre adversaire dans les meilleures dispositions. Mais au-delà de ces considérations socio-professionnelles, la vérité c’est qu’on brûle d’envie d’oublier la bienséance de temps en temps pour se laisser aller à la plénitude pédestre que procure le port de seules chaussettes de tennis et d’une paire de claquettes Fila.











“When I be rich I will buy 365 pairs of socks a year”—That’s the wish my unemployed mate and I always make when we are about to blow out the candles of our pathetic birthday cake. Because yeah, we bet on comfort rather than flamboyance.



Everyday, a hundred thousand guys like us face this struggle and ask “why my socks are feeling more like a stretchy paper box than a perfect second skin?”. So let the bachelor sleeping in us make this statement here : to slip in some nice virgin socks in the morning is the best casual sex left to a single man on a daily basis.



The Nippon Uniqlo is by far the only pimp able to curb our addiction. Their socks are cheap and boundless in the choice of colors and thus that’s the reason why this franchise became a must go address for all of us into socks slip-in fetish. Let’s be honest here, do you think it’s weird ? Well what if more than a comfy clothing accessory, a pair socks would turn out to be a killer tool to help you rock at a job interview ?




Texte JE & GM / Illustrations AP