Le Manifeste Chap. Savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne.

Gustav Temple & Vic Darkwood



A la tête depuis plus d’une décennie de la revue The Chap, fascicule officiel du mouvement Chap, G. Temple et V. Darkwood commettent ici un charmant manifeste. Ce dernier ne déroge pas à la règle du genre : il dénonce àtour de bras, tantôt la grossièreté du téléphone portable, tantôt la fièvre consumériste, mais bien plus largement le voile terne dont se parent nos sociétés, écrasées par la vulgocratie dominante. Que sont devenues l’amabilité, la futilité, la joie devivre ? Quant aux arts subtils du tweed, de la lecture, du bain, de la pipe, du gin, ils sont relégués au dernier plan d’un agenda sans cesse plus chargé.

Gustav Temple en plein travail


Face à cette frénésie, Gustav Temple et Vic Darkwoods’inscrivent en faux, mettant en œuvre la révolution de l’élégance autour de leur revue et d’happenings subversifs. Ce manifeste fait office de point d’orgue à cette démarche : il exprime la nécessité d’une résistance, mais formule les modalités concrètes de sa mise en œuvre. Ce « savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne » fourmille d’exemples d’actions destinées à rendre à l’élégance et à la galanterie la place qui leur est due. Les Actions Sporadiques de Courtoisie Ordinaire peuvent aussi bien consister en une destruction pure et simple d’ »équipements stéréo individuels » ou des téléphones portables dans les transports en commun, l’abandon d’un généreux pourboire au restaurant ou au salon de thé, ou plus simplement la distribution désintéressée de saluts et autres bonnes manières dans la rue.





 


Point de détail, et non des moindres : la toilette et la gestuelle du Chap se doivent d’être impeccables en toute circonstance. C’est même l’acte fondateur du résistant Chap. Les auteurs distillent donc deprécieux conseils, concernant la toilette capillaire, celle du visage, la tenue la plus appropriée pour la lecture, la recette pour réussir le meilleur des dry gin (boisson officielle du Chap), ou une sémiotique de la cigarette. Certains  aspects a priori moins essentiel sont également voix au chapitre, comme ce  sémaphore du pantalon (voir dernière image), ou l’art délicat de courtiser les dames. La section féminine du mouvement n’est d’ailleurs pas oubliée et prodigue de sages conseils sur le maquillage, le degréde pilosité acceptable, ou la différence entre une tenue de jour et une tenue de nuit.






Voici donc un petit ouvrage malin et hautement futile dont nous vous recommande la lecture, puisqu’il a le mérite de proposer une solution au délitement de la courtoisie et de l’élégance. Le « soulèvement par le charme » prôné par les auteurs aura-t-il lieu ? L’histoire reste à écrire.