L’un des vieux adages à propos de l’élection présidentielle en France veut qu’au premier tour les électeurs, emportés par l’émotion, votent avec le coeur, et patientent ensuite gentiment jusqu’au second, pour choisir le bulletin avec leur tête. Il y a bien quelques idées qui font gagner une campagne, mais la bataille se joue d’abord à grand renfort d’images.


L’image passe aussi par les sapes. On s’est donc amusé à imaginer à quoi pourraient ressembler les silhouettes des candidats s’ils écoutaient un peu moins leur dir’com et un peu plus les habilleurs du moment. Une campagne où les candidats oseraient définitivement mettre au placard les ensembles anthracites ou noirs, pour leur préférer des motifs et des couleurs inattendus, des coupes plus personnelles. Une campagne où la hauteur du col d’un candidat ferait couler autant d’encre que le plus habité des discours ou le plus affuté des programmes.


A la morosité d’un l’isoloir, on a toujours préféré le confort d’une cabine d’essayage, mais pour ceux qui ne nous rejoindraient pas sur ce point, vous pouvez toujours vous rabattre sur un vote blanc-cassé, il paraît que c’est encore assez tendance.

Ici aussi, l’opération s’effectuera en deux tours, dont voici le premier.
La culture et l’éducation, des points essentiels du programme de F. Bayrou


Comme l’a si bien mis en situation Yannick dans le clip de “Ces Soirées Là”, François Bayrou est tantôt “à gauche”, tantôt “à droite”. Rien de plus légitime au fond pour le président du Modem qui appelle au rassemblement des différentes couleurs politiques à grands renforts de variations sur le même thème. “Variations”? Ça tombe bien, c’est le titre de la collection printemps-été chez Hixsept qui remporte déjà une bonne partie des suffrages. Bien sapé, l’enfant du Béarn colle à l’esprit de la marque qui s’essaye à l’ouverture avec des matières premières haut-de-gamme provenant des meilleures manufactures anglaises, italiennes et françaises. On retrouve même un bel orange saumon décliné en tour de ceinture et en short. Une couleur pêchue qui fleure bon l’été et les nouveaux horizons, une couleur qui vous donnera peut-être envie de mettre le “bulletin dans ton urne, Bayrou”.



Nicolas Sarkozy est sûrement ce qui se fait de mieux en terme d’hyperactivité depuis l’invention du café et des amphétamines. C’est simple, lors de son dernier mandat, le président sortant a revêti tellement de casquettes différentes qu’on aurait pu se contenter de mettre directement un lien vers le lookbook New Era. Mais la corrélation entre le mandat de Sarkozy et la dernière collection de Mark McNairy était trop évidente pour qu’on en reste là. Car on pourrait presque assigner à chaque silhouette du designer new yorkais un évènement marquant du dernier quinquennat. Le pantalon imprimé “animal” de la soirée du Fouquet’s en 2007, des matériaux légers et un côté chic-décontracté pour les vacances sur le yatch Bolloré, un pull bleu vif noué et une chemise à rayures pour le petit dej’ du dimanche matin avec Carla au Cap Nègre, ou encore la veste camo et les gants en cuir pour tout le sérieux militaire d’une intervention en Libye.


En fait, on aimerait vraiment qu’il commence à se fringuer comme ça. Peut-être l’occasion d’organiser une Eurovision du style avec Berlusconi et Poutine, pour enfin toucher réellement à l’exceptionnel.




Philippe Poutou. Pou-tou. Un nom de famille hyper rigolo qui suffit à déclencher les vannes les plus sombres de la trinité du rire : Roucas-Amadou-Collaro. Mais Poutou, c’est avant tout un homme de convictions, qui milite pour des causes fortes comme la fin du capitalisme et la refonte du système financier. Alors pour laisser s’exprimer la fibre révolutionnaire, on le voit bien habillé par les japonais de HOWL. Leur collection est à l’image des stéréotypes sur l’extrême-gauche: destructurée, voire triturée, avec des jeans  et des pantalons déchirés, le tout pensé avec une esthétique proche de la bière et des punks. Ajoutez à ça les codes couleurs bleu et noir du work-wear et notre candidat de la frange contestataire est finalement plutôt bien fagoté pour aller “battre le pavé”.




About French presidential election and the two round vote process, commentators use to say electors go to the voting booth with their heart at first, then with the head. Some good ideas actually step out of the campaign sometimes—alright you can have that, but the game of politics is definitely something full of imagery. Indeed, the best the candidates do to shine on TV exposing their style and their personality, the best chances they have to grind and lead the polls. 


You build your reflection mainly around the clothes you wear, through the effort you put in the way you appear to the crowd. We wanted to see how they could look like if they were to listen present designers instead of their communication’s advisors. What if they finally put away the black and charcoal suits to prefer unexpected choices of colors and designs?
The final winner for this unofficial elections of style is counting on your vote, please don’t leave a blank ballot.


François Bayrou will always stand in the centre political ground. At the head of the “Mouvement Democrate”, he is known to navigate from the left-wing to the right-wing, it’s like he has a soft spot for variations. That’s a good point because “Variations” is actually the theme and the name french house Hixsept chose for its spring summer collection. This high-end collection perfectly fits to the Modem’s candidate unstable mood and the inclination his political party has for colour orange. A bright colour close to the salmon one revealed on this set of pants, the perfect match to dance on this weird piece of propaganda.


Nicolas Sarkozy is to the french political game what hyperactivity is to coffee and ecstasy. He wore so many caps during during the last five years that the lazyest for us would have been to opt directly for the NewEra lookbook. But Mark McNairy summer collection jumped out as an obviousness. Each outfit seems to stand for each odd episode of Sarkozy’s last mandate : leopard print pants for the famous 07’ victory party at Le Fouquet’s, light and casual-chic fabrics for some laidback time on Bolloré’s yatch, a bright blue knotted jumper and a striped shirt on the shoulders for the sunday beach walk with Carla, as for a camo print jacket and leather gloves would be a perfect match for a gentle military pushing over in Lybia.


Philippe Poutou. Pou-to-the-Tou. A very funny name when you hear it from a french mouth. But the guy has more than that—He is made of strong convictions and is militantly against capitalism and the financial system’s flaws. To let that revolutionary ideas spread out a bit, we put him in the hands of the japanese guys from HOWL. Their last collection has this little something that smells rebellion: unstructured shapes, oversized pants, worn-out and torn-out denim pieces and work-wear colour codes. You are now seeing Poutou as a punk.


Textes LB Illustrations AP